Les monnaies coupées

"Au Châtelet, près de Saint Dizier (Haute Marne), Grignon avait recueilli, parmi 3400 pièces dont 900 gauloises, 165 monnaies romaines coupées par moitiés et quarts, principalement des pièces bicéphales "
Adrien Blanchet, Revue Numismatique, Les monnaies coupées, 1897

Cette citation présente bien la situation : il n'est pas rare de rencontrer des monnaies coupées et ce sont principalement celles qui comportent un dessin bicéphales, comme les dupondii de Nîmes mais aussi ceux des colonies de Viennes, Copia et Orange. On peut ajouter que toutes les classes du monnayage nîmois se retrouvent divisées en deux et plus rarement en quatre. Si quelques auteurs ont voulu voir en ces découpes une forme de démonétisation, des marques ou encore des tessères, on sait aujourd'hui que le but était de fournir des divisions vouées à être acceptées comme as ou semi. On lira la convaincante démonstration d'A. Blanchet pour plus de détail : Les monnaies coupées extrait de la revue numismatique, 1897.

Classe II, 5,48g, 26mm Classe IV, 4,95g, 26mm

Les trouvailles monétaires permettent, en outre, d'établir un degré de pénurie selon les régions de l'empire. Les provinces germaniques semblent à ce titre les plus concernées.

- Châtelet (Haute Marne) : 4.9% de bronzes coupés
- Port Haliguen (Morbihan) : 6.2 % de bronzes coupés (dont 24% de dupondii nîmois)
- Villeneuve au chatelôt (Aube) : 7,9% coupées (dont 18.8% de dupondii nîmois)
- Camp militaire de Haltern (Germanie) : 30% de bronzes coupés (dont 35% de dupondii nîmois).
- Camp militaire de Oberhausen (Germanie) : 30% de bronzes coupés (dont 58% de dupondii nîmois).

Il est difficile de savoir si les coupes ont été effectuées par des particuliers ou par des officines d'état. Par ailleurs la technique utilisée est souvent la même : Les flans sont dans un premier temps marqués au droit à l'aide d'un coup de burin.

9,85, 25mm. Bronze de Nîmes marqué d'un coup de burin.

Les flans sont ensuite cassés avec une pince ou plus certainement un marteau. Ce procédé génère souvent une cassure caractéristique du flan. Celle-ci ne se fait bien souvent pas sur toute la longueur de la monnaie. On distingue également, au niveau de la séparation, une partie lisse qui résulte du coup de burin et une partie irrégulière engendrée par l'arrachage en force du métal. Il est très probable que les flans aient été chauffés avant d'être marqués et cassés. On lira The celator vol.10 N°9, "The broken coins of colonia Augusta Nemausus", septembre 1996, P.6 à 11, dans lequel Marvin Tameanko reproduit divers tests de découpe, sur de vrai flan, afin d'appréhender la méthode utilisée.
Classe IV, 6,18g, 27mm




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