La production

I - Les flans     II - Les coins     III - La frappe   IV - La finition


I - Les flans

Le métal utilisé pour la production des flans est le bronze, alliage de cuivre et d'étain. On retrouve également des traces d'antimoine, de zinc et d'arsenic. Il semble que les monnaies de la première phase ainsi que celles des deux dernières soient produites avec un alliage de meilleur titre que celui de la classe II. En effet, ces dernières comportent une forte quantité de plomb, en moyenne 9% soit autant que d'étain (cf dénomination - analyse métallique). Les flans sont, à l'aide du métal en fusion, coulés unitairement dans des moules bivalves. La fonte laisse parfois des défauts qui, présents à la surface de la monnaie, forment des trous de dimensions variables.


Classe II, 12,54g, 25mm, défaut de fonte, sur et autour du portrait d'Auguste.


II - Les coins

Les coins, fabriqués à l'unité par de nombreux graveurs, sont ciselés dans un cylindre de fer trempé. Les graveurs reproduisent un modèle fourni avec, certes plus ou moins de talent, mais également une certaine part d'interprétation. Cette technique de fabrication très rudimentaire occasionne évidemment une grande diversité de gravure.

Si cela ne se vérifie pas pour la fabrication des coins des trois premières phases du monnayage, il semble en revanche que pour la classe IV ont eu recours à l'utilisation de poinçons afin de préformer le coin. Ceci au moins pour les lettres de légende et certainement pour les portraits d'Auguste et d'Agrippa.

Le tracé du grenetis est déterminé par le graveur au moyen d'un compas, qui laisse toujours une marque au centre du coin. Le grenetis étant le premier élément gravé sur le coin, cette marque est assez souvent masquée par les éléments du dessin. Cependant, la composition symétrique du droit, fait qu'il est courant de la retrouver entre les portraits d'Agrippa et d'Auguste. L'avers des pièces de la classe IV, beaucoup plus régulières présente même quasi systématiquement cette marque. En revanche, il est très rare de la retrouver sur le revers des monnaies, le crocodile et la palme la masque le plus souvent.

classe IV, 12,95g, 26mm, point de centrage à l'avers.

classe I, 17,09g, 29mm, point de centrage au revers.

Ces coins s'usent rapidement. Ils sont alors parfois retouchés, notamment au niveau des légendes, afin que celles-ci restent lisibles. Lorsque l'usure est trop forte, selon la taille restante dans la pièce de fer, les coins font l'objet d'un recyclage. Leur surface est alors limée avant d'être à nouveau gravée. Ce recyclage laisse des marques de stries caractéristiques sur les surfaces non touchées par la gravure.

Classe IV, 11,25g, 25mm, trace de recyclage du coin.



III - La frappe

Une fois préparés les flans vierges sont déposés un à un sur un coin fixé à un socle en bois. Ensuite, à l'aide d'un deuxième coin mobile (trousseau), tenu à la main, on vient frapper le flan qui prend ainsi en relief l'emprunte des deux coins. Cette technique, dite frappe au marteau, est relativement rudimentaire et génère divers problèmes tels que les doubles frappes, les frappes décentrées ou encore les frappes incuses. Cette dernière résulte d'un dupondius déjà frappé qui reste bloqué sur le coin mobile. Ainsi, lors de la frappe d'un nouveau flan, celui-ci prend en creux l'emprunte de la pièce oubliée et en relief l'emprunte du coin fixe. Généralement ces éventuelles erreurs sont détectées avant la mise en circulation de la monnaie et le flan est refondu.

Classe II, frappe incuse, 10,02g, 25mm



Classe I, surfrappe du revers sur l'avers, 13,25g, 30mm


IV - La finition


Après la frappe, les tranches des flancs sont limées une à une en double biseaux et plus rarement en simple biseau, ce qui permet, d'enlever les déformations, et les traces de coulure de métal dues au moulage du flan.



Classe II, 13,94g, 27mm, tranche biseautée.


Par ailleurs, il est fréquent de rencontrer des rayures, sur les parties hautes du relief des dupondii. Ces marques laissées par l'utilisation d'une limes sont, assurément, affligées à la monnaie finie. De plus, dans la condition où l'usure générale des monnaies, correspond à celle de ces stigmates, ajoutée au fait que certains exemplaires neufs portent ces traces, il est entendu que c'est à l'atelier de production que l'on doit ce traitement. Dans quel but ? L'interprétation commune veut que ce soit le résultat d'un ajustage du poids de la monnaie. Toutefois, ces marques sont visibles sur des exemplaires présentant un poids largement inférieur à la moyenne théorique et si l'on tient compte de l'importante fourchette de poids, rencontrée pour des exemplaires d'une même classe et d'une même variété, il parait difficile d'admettre cette pratique. Comme pour la finition de la tranche des flans, il est d'avantage possible que ces coups de lime aient eu pour but d'enlever d'éventuelles défauts ou traces de coulure de métal dues au moulage du flan.


Classe III, 12,74g, 24mm, trace de lime à l'avers et au revers.




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