Les monnaies irrégulières : fausses monnaies et imitations

  Les faux     Les imitations  

La loi romaine Cornelia de Falsis, rédigée sous la dictature de Cornelius Sylla en 81 av. J.-C., punie la contrefaçon, l'altération, le rognage ou la fonte des monnaies d'argent et d'or. Les alliages de cuivre ne sont pas mentionnés. En cas de fraude, les hommes libres sont condamnés à la déportation, aux mines ou à la croix, selon leur condition. Les esclaves sont quant à eux punis de mort. Il existe deux types de monnaies irrégulières : la fausse monnaie et les imitations. Malgré l'absence de texte précis, la fausse monnaie de cuivre devait certainement être réprimendée par la loi. Les imitations en revanche semblent avoir circulé avec, si ce n'est un accord, une tolérance de la part des monétaires officiels.

Les faux

Les pièces pouvant être qualifiées de fausses, sont celles susceptibles de tromper leurs propriétaires quant à leurs origines. C'est le cas des monnaies fourrées. Ces pièces possèdent une âme en fer et sont recouvertes d'une fine pellicule de bronze. Le gain réalisé par cette opération étant très faible pour une monnaie de bronze, les dupondii au crocodile fourrés restent par conséquent relativement rare. La principale devise touchée par ce procédé étant le denier.

Les imitations

Les imitations sont d'une tout autre nature. A la fin de la république romaine, et durant une partie du règne d'Auguste, la pénurie de petite monnaie est importante. Malgré la production officielle soutenue, les bronzes et cuivres en circulation ne suffisent pas à alimenter convenablement le commerce croissant des provinces. Les imitations ou monnaies de nécessité viennent alors en réponse à ce besoin. Par ailleurs, la découverte de trésors contenant aussi bien des émissions officielles que des imitations, montre que ces dernières furent acceptées dans la circulation. Toutefois, il est difficile de savoir quelle pouvait être leur valeur d'échange.

Il est assez facile de différencier les imitations des émissions officielles car leur gravure est relativement archaïque. La fabrication est également moins soignée que celle des émissions officielles. Souvent l'imitation n'est pas frappée mais coulée, ce qui occasionne un rendu très frustre. Quelques fois, les flans sont découpés à l'emporte pièce et ne sont pas biseautés au niveau de la tranche.

Imitation, 8,98g, 21-23mm

Tranche découpée à l'emporte pièce.


Il semble qu'il n'y ait pas de limite à la dégénérescence du matériel. L'imitation ci-dessous présente une gravure des plus sommaire avec un crocodile tourné à gauche ! Cette monnaie, coupée en deux, semble pourtant avoir circulée. Par ailleurs les erreurs de légende sont courantes, IMI, NIM, NM, N rétrograde, ...

3,77g, 23mm

Les imitations sont essentiellement inspirées de la classe II du monnayage. Deux phénomènes peuvent expliquer cela. Premièrement, la pénurie de petites monnaies était certainement plus importante au début du règne d'Auguste. Deuxièmement, il est possible que les imitations aient continué à copier l'ancien type, qui, le plus irrégulier en style et en poids, se prêtait bien au clonage. Quelque rares exemplaires reproduisent tout de même le dessin de la classe III et IV du monnayage (Le trésor de Saint-Léonard contenait par exemple 38 imitations de classe IV) et répondent certainement à un besoin très local et temporaire.

Enfin, l'étude des styles permettraient sans doute d'attribuer les imitations par régions de production. Il faut, cependant, se méfier des lieux de découvertes car les imitations, au même titre que les monnaies officielles, ont circulées et dépassées largement le cadre de leur région de production.




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